Au cours de ces deux dernières semaines, l’attaque du virus H1N1 a occupé beaucoup de minutes dans les journaux télévisés et à la radio ainsi qu'un grand nombre de centimètres carrés dans la presse écrite.
Le message est toujours le même avec des formulations différentes (c’est magnifique de constater la richesse de notre langue…) : ce qui nous attend sera terrible, à moins que…
Selon les autorités, à moins que vous ne soyez vacciné et selon les autres, à moins que ce ne soit qu’un autre « gare au loup ! »
Les autorités canadiennes de la Santé sont préoccupées du scepticisme de la population face à l’importance de se faire vacciner(1) et le ministre de la Santé du Québec va dans le même sens en s’inquiétant du faible pourcentage de Québécois qui songent à suivre la directive de son ministère pour se faire vacciner à compter de la mi-novembre(2).
Ils sont aussi inquiets qu’un vendeur d’aspirateur qui se tue à dire que son produit est le meilleur au monde mais que personne n’achète. C’est en grande partie parce qu’il a déjà présenté d’autres produits avec le même discours et tous se sont avérés de piètre qualité.
Je crois que tout le monde a déjà entendu l’histoire du « garçon qui criait au loup ».
Ces autorités qui se désolent de peu d’attention de la population aux appels à la vaccination, devraient se rappeler que dans un passé récent elles nous ont mobilisés à plusieurs reprises sans raison, tout comme le garçon qui se faisait un vilain plaisir à crier à l’aide et à la prudence pour se protéger d’un loup inexistant.
C’est vrai que cette-fois-ci le loup pourrait très bien être présent mais ce sera très difficile de faire bouger des gens fatigués d’être apeurés pour rien.
Toutes les dernières épidémies qui devaient nous achever par millions se sont soldées par quelques morts (c’est déjà beaucoup) et dans la plupart des cas, ces personnes étaient affectées par d’autres maladies.
Si le message des autorités « ne passe pas » c’est aussi parce que il y beaucoup d’information scientifique disponible qui va dans le sens de minimiser la gravité de la grippe H1N1. Cette information, parfois contradictoire, permet de faire plusieurs analyses sur la dangerosité du virus. Les scientifiques qui gravitent autour de l’Organisation mondial de la santé, ont choisi un scénario, celui le plus catastrophique. Mais plusieurs centres de recherche à travers le monde considèrent que d’autres conclusions s’imposent, surtout après quelques mois de vie commune avec le virus.
À la lecture de ces études, je penche pour une approche plus mesurée : ce n’est pas nécessaire de placer tout le monde en état d’alerte maximum, le loup n’est pas là. Mobiliser contre quelque chose encore invisible aura comme conséquence que quand le loup viendra vraiment, il nous prendra démobilisés et à découvert.
J’insiste, je ne vois pas le besoin de partir à la course au vaccin surtout que cette course risque de nous coûter très cher en argent et en vies humaines. Je m’explique.
Cette semaine, un article rédigé par la Presse Canadienne(3) et repris par plusieurs publications, nous apprenait que « les Canadiens victimes de problèmes de santé résultant du vaccin contre le virus de la grippe A (H1N1) pourront poursuivre les compagnies pharmaceutiques - mais le gouvernement fédéral paierait pour les dommages consentis par un tribunal, sauf en cas de négligence professionnelle. »(3)
Non seulement nos autorités se sont embarquées dans une course contre la montre pour affronter un danger encore invisible ou peu significatif, en plus elles seront les garants de toute erreur commise par les compagnies pharmaceutiques … avec notre argent, bien sûr !
Personnellement et avec une certaine connaissance des démarches scientifiques nécessaires à la validation d’un vaccin avant de l’offrir au publique, je crois que nous aurons plus de problèmes avec le vaccin qu’avec le virus…
Je n’adhère pas à la théorie du complot généralisé ni à ceux qui pensent que c’est un coup monté par les compagnies pharmaceutiques. Abonder dans ce sens n’apporte rien au débat.
Je crois, plutôt, que c’est un manque d’information de nos gouvernements et une absence de courage pour affronter le problème de façon scientifique au lieu de le considérer un problème politique et médiatique.
Je peux comprendre que un mort par le virus c’est embêtant pour les autorités de la Santé si elles n’ont pas fait le travail d’information et prévention, mais il faudrait que après chaque supposée épidémie, ces mêmes autorités fassent un bilan pour évaluer la pertinence des moyens déployés et appliquer les correctifs, s’il le faut, pour la prochaine.
Peut-être que de cette façon, elles obtiendraient la confiance des gens et elles seraient écoutées.
Jusqu’à présent, et en regard de ce qui s’est passé dans l’hémisphère Sud, il n’y a pas de loup à l’horizon.
Je n’irais pas me faire vacciner, à moins que…
1 http://www.cyberpresse.ca/dossiers/la-grippe-a-h1n1/200910/01/01-907351-lopposition-au-vaccin-inquiete-les-autorites-canadiennes.php
2 http://www.cyberpresse.ca/dossiers/la-grippe-a-h1n1/200910/05/01-908723-quebec-inquiet-du-manque-dinquietude.php
3 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15510
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Ce qui est le plus honteux, d'après moi, c'est que le ministre de la santé, Yves Bolduc, pense que les gens devraient avoir plus de preuves scientifiques pour les pousser à se vacciner. Le problème c'est qu'il n'y en a pas! C'est évident; c'est la raison pour laquelle les gens ne se vaccinent pas...Je me demande donc: est-qu'il est véritablement naif ou est-ce qu'il fait exprès? D'après moi, c'est l'ignorance des gouvernements, car sinon le monde serait beaucoup trop cruel...
RépondreSupprimerUn autre point important à mentionner serait la peur de la non-protection des compagnies pharmaceutiques: il est clairement évident que le gouvernement les supporterait en cas de faillite puisque c'est lui-même qui a commandé les vaccins! Le gouvernement est quasiment dirigé par ces compagnies et non l'inverse. On gaspille tellement de papier pour créer des drames qui n'ont même pas la possibilité d'exister! Comme vous avez dit, l'idée exprimée est toujours la même, ce ne sont que les mots qui changent: la Presse joue avec les mots!
Très bonne analogie...C'est la même histoire pour le réchauffement global causé par nous-mêmes!