Depuis un certain nombre d’années, un discours apocalyptique s’est installé avec force dans nos vies : nous sommes en train de détruire la Terre.
N’importe qui peut écrire “destruction de la Terre” ou mieux “destruction de la Planète” dans un moteur de recherche et aura le choix parmi plus d’un million de sites qui expliquent avec textes, sons et vidéos à l’appui, de quelle façon l’être humain dans son inconscience planétaire, est en train de détruire notre mère, Gaïa.
Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Pourtant, ceux qui me connaissaient savent que je milite pour le respect de l’environnement depuis bien avant que l’écologie devienne une excellente affaire…
Prétendre que nous sommes en train de détruire la Terre si ce n’est pas une manifestation de malhonnêteté c’est, au moins, un écart de langage.
En tant qu’astronome et géologue amateur, professeur de biologie et chimiste, je suis de l'avis que tout puissant que l'Homme soit, il ne pourra jamais détruire la Terre.
Cette entité astronomique existe bien avant nous et, malgré nous, elle perdurera pour au moins cinq milliards d'années encore.
La vie est apparue il y a 4 milliards d'années et elle a évoluée à travers des catastrophes planétaires bien plus graves qu'un simple réchauffement de quelques degrés.
Des milliers d’espèces animales et végétales sont passées dans l’histoire de la Terre et un jour pour différentes raisons –changements climatiques ou géologiques, mutations, etc.- sont disparues en nous laissant, dans plusieurs cas, ses fossiles. (On peut supposer que certaines formes de vie n’ont pas laissé des traces)
Prétendre que nos actions, même les plus terribles du point de vue écologique, pourraient être plus déterminantes qu’une activité volcanique généralisée comme celle qui semble avoir eu lieu il y a deux cents millions d’années, ou comme la supposée météorite qui a signifié la fin des dinosaures, c’est très prétentieux et dévoile notre anthropocentrisme.
Il ne faudrait pas oublier que lors de ces événements terribles, la Planète n’a pas été détruite (seulement modifiée en surface) et que la vie non seulement n’est pas disparue (peu d’espèces en ont souffert) sinon qu’elle a continué avec des sauts évolutifs importants, ce qui a permis aux mammifères d’atteindre le sommet de l’évolution.
Je suis convaincu que le discours installé dans les médias sur la destruction de la Planète sert à cacher une réalité bien plus grave.
Le principal fléau (de mon point de vue) réside dans les inégalités planétaires dans l'utilisation des ressources.
Les pays les plus développés, qui exploitent sans vergogne les richesses de la Planète, ont construit un discours « culpabilisant » pour limiter le développement des pays en devenir.
Le point que je soulève le plus souvent avec mes élèves est celui de prendre conscience de notre rôle (ici, au Canada) de consommateurs éhontés d'énergie.
Je ne veux pas vous pousser au désespoir, je veux qu’on arrête de voir les peuples des pays en voie de développement comme des pollueurs ou de destructeurs de la Planète.
Si nous sommes incapables de changer notre rythme de consommation, au moins arrêtons de chercher des coupables ailleurs. Si vous vous sentez interpelé par le déséquilibre entre le Nord et le Sud, ou à l’intérieur de notre propre société, je vous propose d'essayer de comprendre comment ces gens-là peuvent vivre autrement (c’est évident qu’ils ne le font pas par choix mais bien par obligation).
Le jour où tous les Chinois et les peuples d’Asie du Sud-est se mettront à consommer de l'énergie comme les Américains du nord... la Planète ne sera plus capable de nous supporter. Elle va tout simplement nous éliminer.
Les habitants des pays riches que nous sommes, ne voulons pas que tous les humains consomment les mêmes quantités que nous. Les privilégiés que nous sommes, nous voulons le rester.
Une des questions que l’on pourrait se poser est : qui est prêt à échanger sa situation actuelle par celle d’un habitant d’Afrique centrale, ou de l’Amérique du sud ?
L’idée alors est de prendre conscience d'une réalité qui dépasse le quotidien parce que la Planète est « morte de rire » à notre égard. Nous ne représentons qu’une infime partie de la chimie et la biologie de la Terre. Nous sommes un petit paquet de molécules qui se sont organisés pour un court lapse de temps mais qui ne seront plus là dans quelques instants, en termes astronomiques.
Prendre conscience des dommages que nous provoquons au reste de l’humanité par notre façon de consommer devrait conditionner nos actions.
C'est dans cette deuxième étape où nous devrions arriver à proposer des gestes, des comportements simples et profonds pour être cohérents avec cette vision, c’est-à-dire, sauver tous les êtres humains (pas juste nous).
Ce n'est pas facile et ce n'est pas non plus une campagne pour récupérer ou recycler, je voudrais une activité d'éducation profonde et de longue haleine.
On doit faire l’effort de sortir du discours homogénéisant qui prétend nous faire rentrer tous dans la même religion avec un seul slogan ou dogme : « on doit sauver la Planète » quand en réalité ce qui est en train d’être sauvé c’est la richesse et le pouvoir de quelques uns, ceux-là même qui ont inventé cette religion.
Je vous répète, ceci est mon point de vue, c'est mon objectif à très long terme, en attendant, toute présentation qui pousse à la réflexion avant l'action me convient.
Dans les grandes lignes du projet éducatif de l’institut où j’éduque des jeunes, il y a une idée qui représente très bien mes propos : « Éduquer, c'est rendre une personne maîtresse d'elle-même, capable de se bâtir des modèles personnels à suivre et à défendre en opposition à des modèles imposés par l'opinion publique, une opinion qui, étant l'opinion de tous, n'est à personne. »
La Planète, alors, elle est bien en sécurité mais nous, par contre, on est là tout à fait par hasard et pas pour longtemps.
À moins que...
samedi 19 septembre 2009
L’être humain, pourrait-il détruire la Planète ?
Libellés :
destruction de la Planète,
écologie,
réchauffement planétaire
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Cela me rappelle mon premier cours d'anthropologie au cégep: La planète terre existe avant que l'homme apparaisse dans sa surface et existera lorsque celui-ci aura disparu.
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